La 9ème édition des Assises de la Biodiversité s’est tenue les 19, 20 et 21 juin 2019 à Massy.

Cette nouvelle édition a abordé la biodiversité sous l’angle de l’urgence de solutions à apporter pour la préserver, tout en observant la nature comme source de réponses à des problèmes de société plus généraux.

Une 9e édition singulière qui s’est inscrite dans la mobilisation de toute la société en faveur de la reconquête de la biodiversité avec pour point d’orgue le congrès mondial de la nature en 2020 et pour fil conducteur : « Tous concernés, tous responsables ».

Élus, agents de l’État, techniciens, gestionnaires d’espaces naturels, chercheurs, entrepreneurs, associatifs… se sont donné rendez-vous aux Assises nationales de la biodiversité pour : construire, débattre, s’informer, partager des outils et des bonnes pratiques, répondre ensemble aux défis de la reconquête de la biodiversité.

Les thématiques de cette année étaient :

  • L’artificialisation : La consommation effrénée d’espaces naturels et agricoles au profit de l’étalement urbain est une des principales pressions qui entraîne la destruction et la fragmentation des écosystèmes et donc la perte de biodiversité. Limiter cet impact impose un engagement fort pour repenser l’urbanisme et l’aménagement. Alors, engageons une réflexion collective sur les moyens concrets pour atteindre l’objectif prévu dans le Plan Biodiversité : zéro artificialisation nette.
  • La nature : La présence d’une nature en libre évolution ne rentre pas complètement dans les projets de développement des territoires. Tout juste lui donne-t-on le droit d’être cantonnée à des espaces bien aménagés en les restreignant encore, comme sur le littoral. Pourquoi ne pas changer cette posture ? Posons-nous la question de projets qui feraient de la nature en elle-même, en libre évolution, un atout pour les territoires.

  • L’économie : La course à la croissance semble être en tête des indicateurs de bonne santé économique de nos sociétés modernes. Mais une croissance infinie dans un monde fini et au bord de l’épuisement est-elle cohérente ? Les enjeux de solidarité, durabilité, équité, respect de l’environnement, climat, biodiversité, ne devraient-ils pas devenir les vrais indicateurs du bien-être humain ? Des modèles économiques durables inspirants existent pourtant.

  • L’agriculture : L’alimentation directement liée aux modes de production agricole, concentre de nombreux enjeux de santé publique. Face à une demande sociale de plus en plus forte pour une agriculture intégrée, respectueuse de l’environnement, une transition agroécologique semble poindre. Des blocages persistent néanmoins, le modèle agricole intensif à forte consommation d’intrants et de pesticides étant majoritaire. La transition semble inévitable mais les échéances paraissent floues et en inadéquation avec les urgences environnementales, notamment la préservation de la biodiversité dans les agro-écosystèmes.

  • L’aménagement : L’aménagement du territoire constitue l’une des principales sources de pressions sur la biodiversité et les espaces résilients : pollution de l’eau, de l’air et des sols, consommation excessive de ressources, destruction d’écosystèmes, fragmentation et enlaidissement des paysages, imperméabilisation des sols… Malgré l’existence d’outils juridiques et stratégiques, plans et schémas d’urbanisme, séquence « Éviter, Réduire, Compenser » (ERC), protection foncière, la tendance en défaveur de la biodiversité ne s’inverse pas. Bien au contraire, elle s’accélère. Pourtant, les solutions existent !

  • Les Partenaires : Nous avons laissé la place aux partenaires des Assises pour qu’ils créent leurs sessions : retrouvez l’actualité de l’ADF et des espaces naturels sensibles, des ARB, de l’IPBES, d’OREE, des Conservatoires botaniques nationaux, de l’UICN…

 

Retrouvez tous les épisodes de notre Websérie le 9 juin sur notre chaîne YouTube : Ville de Massy

Pour en savoir plus : cliquez-ici.

C’est un grand honneur d’accueillir cette 9ème édition des Assises Nationale de la Biodiversité !
La présence d’élus locaux et nationaux, d’agents de l’État, d’entreprises, de gestionnaires d’espaces naturels, de chercheurs ou et de membres du milieu associatif est un bon départ pour partir à la reconquête de la biodiversité. Ces Assises érigent ce combat comme une priorité politique, à toutes les échelles et dans tous les secteurs.
Et j’espère que le message qui sera envoyé à tous depuis Massy sera entendu.
Parce qu’il y a urgence. Et la tenue de ces Assises à Massy est avant tout une opportunité : celle d’attirer l’attention de toutes et tous sur une réalité aussi grave que méconnue. Si le changement climatique est aujourd’hui largement compris – à l’exception, hélas, du Président Américain et, deux fois hélas, de quelques journalistes français – la menace sur la biodiversité est encore sous-estimée.
Il n’est pas trop tard pour agir, mais nous devons agir maintenant ! À chacun de nous, à notre niveau, de changer nos pratiques. La ville de Massy est loin d’être exemplaire. Mais, depuis des années, nous agissons, nous changeons nos pratiques : politique « zéro phyto » dès 2012, fauchage tardif, arrosage modéré, permis de végétaliser, sensibilisation des élèves avec la Ligue de Protection des Oiseaux, développement des ruches, etc.
Et pour que ce changement soit réel, nous devons… y prendre plaisir ! J’avais lu d’un mouvement écologiste américain, cette jolie formule « if it’s not fun, it’s not sustainable ». Le virage de la biodiversité doit être joyeux, il doit être une redécouverte de la nature et de notre façon de vivre avec elle. C’est en y prenant plaisir, joyeusement – ce qui n’exclut pas le sérieux – que nous relèverons ce défi.
C’est dans cet esprit que nous avons imaginé à Massy, d’accompagner ces Assises professionnelles, par des événements « Off ». Je suis sûr que le festival d’Avignon nous pardonnera cet emprunt. Ce « Off » des Assises – que nous organisons le weekend des 22 et 23 juin avec les associations locales engagées sur ces sujets (cf. informations ci-dessous) – doit être une fête de la biodiversité.
Je nous souhaite que ces trois jours de discussions, d’échanges et de débats nous permettent d’avancer joyeusement vers des solutions durables.
Très bonnes Assises Nationales de la Biodiversité.

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