L’Antiquité :

Les canons égyptiens : les Egyptiennes devaient avoir le corps élancé, mince et musclé, les épaules étroites, les jambes longues, les fesses rebondies, la taille large et les seins menus. Le visage est peint en ocre jaune et l’œil souligné d’un trait de Khôl. Pour hydrater leur peau, les Egyptiennes utilisaient de l’huile d’amande amère, de laitue, de cumin ou encore de lys. Sans vinaigrette, la laitue ! Juste 3 belles et grandes feuilles avec des trous pour les yeux et la bouche. Enfin, la femme idéale égyptienne est éternellement jeune. Comme nous, quoi…

Les canons grecs : dans la Grèce antique, la femme était considérée comme le double « défiguré » de l’homme. Les médecins avaient même tendance à considérer les femmes comme des mâles manqués, seulement leurs pâles répliques, puisqu’elles n’auraient possédé aucun organe en propre. Je t’en ficherai moi des mâles manqués ! La beauté réside alors, dans l’harmonie d’un corps musclé obtenue par l’exercice physique. Vous croyez qu’il existait des clubs Moving à l’époque ? Mais, même si l’idéal féminin était très naturel, la femme grecque se peignait les lèvres avec de la terre rouge, s’appliquait du safran sur les paupières et du noir de fumée sur les cils et les sourcils. Personnellement, je préfère le safran dans la paëlla !

Le Moyen-Age :

Généralement dissimulé sous des vêtements amples, le corps doit obéir à des canons très particuliers. La femme se doit d’être large d’épaule, d’avoir une taille de guêpe, des hanches étroites, un ventre rebondi et des seins petits, fermes et écartés. La blondeur est exaltée ainsi que le teint pâle, symbole de pureté, de richesse et d’oisiveté d’autant que le maquillage est interdit par l’Eglise sous prétexte qu’il travestit les créatures de Dieu. Mais ce qui prime, c’est la jeunesse. Si Agnès SOREL, maîtresse du roi Charles VII, s’épilait le front, c’était pour garder un air juvénile et mettre son regard en valeur. Elle n’était pas la seule puisque les femmes de l’époque s’appliquaient un mélange de chaux vive et de sulfure naturel d’arsenic sur le front pour l’épiler. Pour empêcher la repousse du poil, rien ne valait le sang de chauve-souris ou de grenouille… Je vais d’abord essayer sur mes mollets mais que pour éviter la repousse, le mélange chaux vive et sulfure d’arsenic me paraissant des plus dangereux alors que le sang de chauve-souris ou de grenouille, c’est bio…

La Renaissance :

La femme parfaite est jeune, belle et saine. Son visage doit être de forme ovale et de couleur rose avec des mains petites et minces. La Renaissance est le retour de la féminité, d’une femme charnelle voire appétissante aux cuisses dodues et à la poitrine lourde. C’est le temps de RUBENS. Je trouve ces canons de beauté sympathiques. Ah, pouvoir déguster des gâteaux au chocolat dans le but d’embellir ! Oui, je sais, le chocolat n’était pas connu en France à La Renaissance. Le maillot de bain deux pièces non plus, du reste. De plus, sous le règne de Catherine de Médicis, la France découvre les fards, importés d’Orient. A la cour, le teint est diaphane. On se maquille les yeux, les cils et les sourcils à l’antimoine noir. On porte du vermillon sur les lèvres, les ongles et les joues. On va même jusqu’à se rougir le bout des seins. Et comme, les vénitiennes sont considérées comme les plus belles femmes, on applique la recette du blond vénitien : « S’enduire les cheveux d’un mélange de safran (encore lui) et de citron, puis rester au soleil, la tête couverte d’un chapeau sans calotte pour protéger le visage ».

Le XVIIe siècle :

Madame XVIIe doit avoir une taille très fine, une poitrine imposante accentuée par le port très serré du corset, des bras et des mains potelées. Le teint est de lait, le nez petit et la chevelure longue. Les femmes se fardent de rouge, symbole de l’amour et de la sensualité. Certaines, vont jusqu’à accentuer leurs veines pour souligner leur délicatesse et leur haute naissance. Pour protéger leur teint du soleil, les précieuses de l’époque n’hésitent pas à porter un masque qu’elles tiennent avec leurs dents. Pas très pratique, vous en conviendrez, pour discuter avec les copines… Par contre, ces dames du XVIIe ne se lavent guère. Elles préfèrent cacher leur saleté sous des couches de maquillage et se frottent le corps avec des linges parfumés.

Le XVIIIe siècle :

C’est le retour au naturel avec Jean-Jacques ROUSSEAU. Si les canons de la beauté physique ne changent guère à part le port des structures en bois pour avoir les hanches plus larges que les épaules comme au siècle précédent, Madame XVIIIe se maquille moins mais se collent des mouches. Non, pas l’insecte mais de faux grains de beauté en velours. Pour ma part, j’aime bien la mouche collée au coin de l’œil qui signifie « passionnée » ou celle sur le sein qui veut dire « assassine »… Le teint doit toujours être de rose mais aussi naturel que possible et les lèvres douces. Les cheveux sont toujours bouclés et poudrés mais dans un style décoiffé. Bref, c’est Marie-Antoinette gambadant en robe toute simple parmi ses moutons enrubannés au Petit Trianon.

Le XIXe siècle :

Ce siècle voit s’opposer deux types de femmes : la belle malade et la petite bourgeoise. La belle malade, c’est la Dame aux camélias : teint livide, joues creuses, yeux cernés, mélancolique, désespérée, mystérieuse et lointaine en opposition au modèle bourgeois dominant. Elle boit du vinaigre et du citron pour se brouiller le teint et dort peu pour se faire des cernes sous les yeux. La bourgeoise, c’est l’épouse vertueuse bien en chair, brune au corps laiteux. Elle ne doit pas se maquiller mais porte faux-culs, crinolines et corsets. Tant pis pour les côtes brisées et les évanouissements. Il faut montrer une poitrine et des hanches opulentes comme signes triomphants de la maternité. Dire que de nos jours, dès que bébé paraît, il faut pouvoir se glisser de nouveau dans notre jean slim. Les deux enfin, et c’est une bonne nouvelle, ont découvert les bienfaits de l’eau pour se nettoyer.

Le XXe siècle :

Là, vous allez avoir l’embarras du choix. Au début, rien de très significatif. Puis, au lendemain de la Première Guerre Mondiale, adieu corsets. Pour l’anecdote, en 1917, l’industrie de guerre américaine lance un appel aux Américaines pour qu’elles renoncent à acheter des corsets à baleine d’acier afin de récupérer ce métal. 28 000 tonnes d’acier seront ainsi économisées, de quoi construire deux navires de guerre ! C’est l’époque de la garçonne. Non, non, pas le mâle manqué ! La garçonne doit avoir le ventre et les fesses plats, les bras musclés, les jambes fines, les seins petits et bien séparés.

La femme doit être mince pour montrer qu’elle a les moyens de manger des aliments plus fins comme le poisson ou les fruits et du temps libre pour l’exercice physique. Autrement dit, être mince est synonyme de position sociale élevée. Au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale, la garçonne au rebut et la minceur, signe de mauvaise santé avec ! Le canon de beauté créé par Hollywood, est Marilyn MONROE : blonde platine, lèvres pulpeuses, sensuelle, formes et poitrines généreuses plus le loup de Tex Avery qui va avec. C’est aussi la fin du teint pâle. Madame XXe doit être bronzée. De toute façon, comme le bikini puis la minijupe sont nés, plus question d’avoir la peau couleur endive. Enfin, l’aube des années 70 et le mouvement hippie, voient les femmes se débarrasser des gaines et soutiens-gorge pour afficher librement leur silhouette. Les gaines, on s’en fiche mais heureusement, qu’elles ont remis les soutiens-gorge. Peu à peu, la beauté idéale est sortie de son carcan bourgeois : place au refus du modèle établi et à la libération de la femme ! Quoique … Soyons honnêtes, nous continuons à vouloir coller aux canons modernes de la beauté. Mais ceux-là, vous les connaissez aussi bien que nous.

Alors, à quelle époque, votre beauté appartient-elle ?